Les Artistes Saison 2026

Les Artistes de la Saison 2026 au Fort de Saint-Héribert

 

Le Fort de Saint-Héribert est passionné par l’Art sous toutes ses formes. C’est avec un immense plaisir et une grande fierté, grâce à notre précieux partenariat avec l’Asbl Lieux-Communs, que nous avons le privilège de vous présenter chaque année plusieurs artistes, et ce, depuis de plusieurs années.

Nous vous invitons donc à les découvrir ci-dessous.

 

Exposition En Campagne organisée par

Lieux-Communs au Fort de Saint-Héribert

 

En partenariat avec la Fondation privée « Emile Legros », Lieux-Communs propose du 12 avril au 13 septembre 2026 une exposition d’art contemporain En campagne au Fort de Saint-Héribert à Wépion.

Ce lieu exceptionnel a inspiré l’imaginaire des artistes qui présentent des œuvres en symbiose avec le fort. L’art contemporain s’y conjugue avec l’histoire et la nature.

L’asbl Lieux-Communs a en effet invité six artistes à investir ce site patrimonial et atypique. Ils y présentent de la céramique, des installations, des photographies, des sculptures…

Le titre de l’exposition En campagne fait à la fois référence à l’univers militaire et au biotope naturel que le Fort de Saint-Héribert constitue aujourd’hui.

Après la guerre franco-prussienne de 1870, le Général Brialmont est chargé de fortifier Liège et Namur afin de renforcer la défense et la sécurité de la Belgique.

Entre 1888 et 1892, la Position Fortifiée de Namur (PFN), composée de neuf forts, est construite dans un rayon de 6 kilomètres autour de Namur.

Saint-Héribert est l’un des quatre grands forts avec ceux d’Andoy, Cognelée et Suarlée. Situé à une altitude de 245 mètres, il est aussi le plus élevé de la PFN. Le Fort de Saint-Héribert s’opposera, avec tous les moyens dont il dispose, à l’avancée des troupes allemandes en 1914 et en 1940.

Complètement enseveli sous les décombres pendant de longues décennies, il a autrefois été appelé le fort oublié. Aujourd’hui ouvert au public, il est l’un des plus énigmatiques et fascinants. Patiemment dégagée par les passionnés de la Fondation Emile Legros, la forteresse ressurgit à l’image d’une pyramide dont il faudrait redécouvrir toutes les salles et percer tous les secrets. Au fil du temps, la nature y a repris ses droits et la faune et la flore y sont riches.

 

Alexandra Demenkova

 

Alexandra Demenkova est une photographe documentaire née en 1980 à Kingisepp, dans la région de Saint-Pétersbourg (Fédération de Russie). Elle développe depuis le début des années 2000 une pratique photographique attentive aux réalités sociales et aux récits intimes du quotidien.

Formée à la Faculté de photojournalisme de Saint-Pétersbourg, elle travaille principalement sur des projets au long cours consacrés aux territoires ruraux, aux communautés isolées et aux trajectoires individuelles.

Son approche repose sur une immersion prolongée auprès de ses sujets, privilégiant une relation de proximité et de confiance avec les personnes qu’elle photographie. Cette démarche donne naissance à des images empreintes d’une forte dimension humaine et émotionnelle.

À travers des séries réalisées dans les provinces russes et dans différents territoires, elle explore les fragilités de la vie quotidienne, les dynamiques familiales et les conditions d’existence dans des communautés souvent marginalisées.

Entre documentaire et écriture photographique sensible, son travail explore les fragilités de l’existence, les dynamiques familiales et les tensions entre espoir et précarité dans la vie quotidienne. Ses images, fréquemment réalisées en noir et blanc et au grand-angle, construisent une relation directe et sensible avec ses sujets, mêlant observation documentaire et dimension intime.

Depuis 2004, elle expose régulièrement son travail en Europe et à l’international, notamment en Russie, en Belgique, en Allemagne, en Espagne, en France ou au Canada.

Ses photographies ont également été présentées dans plusieurs festivals internationaux de photographie, parmi lesquels les Rencontres d’Arles, FotoFest et Noorderlicht.

Lauréate de plusieurs distinctions, dont le Grand Prix du concours « Best Photojournalist of the Year » à Saint-Pétersbourg en 2006, elle a également participé à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam.

En 2017, elle est invitée en résidence par Contretype à Bruxelles, où elle réalise une série photographique explorant les formes d’intimité et de solitude dans l’espace urbain.

Son travail, à la fois documentaire et introspectif, compose une exploration sensible des vies ordinaires et des récits souvent invisibles de notre époque.

 

https://alexandrademenkova.com/

 

Sofie Demeyer

 

Sofie Demeyer (née en 1983) est une artiste peintre belge vivant et travaillant à Gand. Sa pratique artistique s’est développée à travers différentes expérimentations, allant de l’animation et du monotype à l’aquarelle et au dessin d’après modèle vivant, avant de se concentrer principalement sur la peinture.

Elle réalise des peintures de grand format, caractérisées par une palette vive et un univers visuel fantasque, souvent teinté d’un léger côté absurde. Ses compositions mettent en scène des personnages et des situations ambiguës, inspirés de scènes du quotidien, où l’humour et le décalage révèlent les aspects inattendus de la banalité.

Dans sa recherche récente, l’artiste s’est notamment intéressée à un fortin situé à Champion, ancien poste de communication entre les forts de la Position fortifiée de Namur et camouflé à l’origine sous l’apparence d’une habitation. À partir de ce lieu singulier, elle a réalisé une série de peintures explorant les relations entre paysage, architecture militaire et mémoire.

À travers ces images colorées et narratives, Sofie Demeyer développe un univers à la fois ludique et déroutant, où le familier bascule subtilement vers l’étrange.

 

https://www.sofiedemeyer.com/

 

François Huon

 

François Huon est un artiste plasticien belge, né en 1964, à Bois‑Colombes (France). Il développe une pratique singulière à mi‑chemin entre sculpture, peinture, graphisme et installation. Après des études à l’atelier de communication graphique de La Cambre à Bruxelles, il élabore dès 1995 un système de formes fondé sur la découpe et la recomposition du carré, constituant un « langage plastique » personnel.

Mon intérêt pour l’expérimentation m’a conduit à détourner la finalité des éléments graphiques conventionnels (typographie, signes, symboles) pour envisager un système de création de signes graphiques singuliers. Après de nombreux essais, je me suis arrêté sur le carré: sa découpe en deux, dont une partie opère une translation, avec ou sans rotation, pour se recoller et se complexifier, m’a permis de créer une infinité de formes originales. J’ai ensuite opéré une sélection, afin d’en garder les plus synthétiques, semblables à des signes graphiques ouverts (dont l’interprétation reste libre). Munie de ce lexique, mon entreprise de composition d’œuvres pouvait commencer en combinant les formes, en faisant varier les couleurs, les dimensions, les moyens d’assemblage et les matériaux; en relation avec divers contextes spatiaux, sociaux ou historiques, sous forme d’interventions éphémères ou d’intégrations artistiques durables en Belgique, France, Luxembourg, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Maroc, et Grèce. Actuellement Professeur de Pratiques Expérimentales à l’Ecole des arts de Braine-l’Alleud, mon atelier se situe dans l’ouest du Brabant Wallon.  François Huon

 

Cuboctaèdres

A la densité épaisse des murs du fort de Saint-Héribert, puissant monolithe défensif, j’oppose la légèreté des ossatures, avec une architecture polyédrique (cuboctaèdres) construite avec des profilés en acier galvanisé qui établissent et délimitent les contours de l’espace de l’œuvre. Sur ces structures, s’accrochent des formes de mon vocabulaire, manifestant un langage poétique élaboré. Cette réalisation dans le contexte du Fort se pare d’une analogie des contours: les lignes polygonales ,dont le critère de régularité géométrique n’est pas défensif (comme dans le tracé des fortifications) mais bien esthétique, suggère une autre forme de résistance qui se laisse traverser par l’œil. François Huon

 

https://toutounoir.blogspot.com/

 

Sophie Patry

 

Sophie Patry est une photographe française, vivant à Auvers-sur-Oise, dont le travail se situe à la frontière du documentaire et de l’imaginaire. Après des études de cinéma et d’audiovisuel à l’Université Paris VIII, elle développe une pratique photographique centrée sur l’expérimentation du mouvement, de la lumière et du temps.

Ses images, souvent réalisées en poses longues, brouillent les contours des corps et des paysages pour créer des apparitions spectrales, entre présence et disparition. Paysages, silhouettes et autoportraits composent un univers visuel oscillant entre rêve et réalité.

L’autoportrait occupe une place importante dans sa démarche, devenant un espace d’exploration intime où l’artiste interroge l’identité, la mémoire et la perception de soi.

Dans le cadre d’une résidence artistique à Namur, elle a notamment travaillé au Fort de Saint-Héribert, où elle a développé un travail photographique en dialogue avec l’architecture militaire et l’atmosphère singulière du lieu.

À travers une photographie sensible et poétique, Sophie Patry construit des images où le réel se transforme en vision, laissant au regardeur la liberté d’en prolonger le récit.

 

https://sopatry4.wixsite.com/sophiepatry

 

 

Sonia Pignolet

 

Sonia Pignolet est une céramiste et artiste plasticienne installée à Andenne. Après plus de vingt-cinq années d’activité dans le milieu hospitalier, elle choisit de se consacrer pleinement à la céramique, développant une pratique exigeante fondée sur l’exploration de la porcelaine puis du grès. Son travail, nourri par les formes élémentaires du paysage et de l’espace construit — galets, fragments, pavés — interroge les tensions entre vide et plein, douceur et rugosité, fragilité et résistance.

 

Pavé

 

Exposé au Fort de Saint‑Héribert, l’installation Pavé dialogue avec un lieu chargé de mémoire et de tension. Le pavé, fragment banal du sol et symbole des révoltes de mai 68, est ici recréé en céramique : dense et fragile à la fois, il devient objet de réflexion, porteur d’histoire et de présence.

Sonia Pignolet s’empare d’une forme simple, presque minimale — le cube, le pavé — pour en révéler toute la charge symbolique. Objet du quotidien, élément de construction urbaine, fragment de route ou de trottoir, le pavé devient un signe de mémoire collective.

Placée dans l’enceinte du fort, cette pièce établit un pont entre les strates du passé — militaire et social — et la mémoire collective plus récente. La rigidité des murs et la solidité du béton contrastent avec la vulnérabilité de la matière, mettant en évidence la fragilité de toute structure, qu’elle soit urbaine, sociale ou historique.

Sous sa forme simple et rigoureuse, le pavé invite à la contemplation et à la méditation sur la résistance, la transformation et l’ouverture à un horizon possible. Entre héritage du fort et souvenir des luttes, l’œuvre condense mémoire, poétique et pensée critique dans un geste minimal mais chargé de sens.

Sous la surface construite du monde contemporain, sous les formes du contrôle, de l’habitude ou de l’oubli, l’artiste laisse entrevoir la possibilité d’une brèche — un espace encore vivant pour l’élan critique, le désir de liberté et l’invention d’autres chemins.

 

https://soniapignolet.be/

 

 

Elodie Wysocki

 

Elodie Wysocki est une artiste plasticienne française née en 1985 à Laon.
Elle vit et travaille aujourd’hui à Lille, où elle développe une pratique artistique plurielle.
Formée à l’École supérieure des Beaux-Arts de Nîmes puis à l’Université de Lille, elle explore différents médiums.
Sa recherche s’exprime notamment à travers la sculpture, l’installation et le textile.
Dans ses œuvres, elle mobilise des matériaux variés comme la céramique, le verre, la cire ou les cheveux.
Son travail interroge le corps, l’identité et les transformations du vivant.
Elle s’intéresse particulièrement aux figures marginales, au monstrueux et aux mythologies contemporaines.
Les questions de féminisme, d’écologie et de mémoire traversent également sa pratique.
Ses créations mêlent souvent références scientifiques, rituelles et mythologiques.
À travers des formes hybrides, elle brouille les frontières entre humain, animal et environnement.
Ses installations invitent le spectateur à réfléchir aux normes sociales et aux récits dominants.
L’ensemble de son œuvre propose ainsi une exploration sensible des corps, des marges et du vivant.

 

Des échos, des autres

Au Fort, elle présente Des échos, des autres : une série de sculptures en céramique.

Là où les corps disparaissent, restent des carcasses rouillées.

Des échos las et tenaces d’un passage vécu comme toujours trop bref.

Habiter la terre, un court instant seulement.

Elodie Wysocki

 

https://elodiewysocki.fr/